04/01/2012
TAHAR BEN JELLOUN L'INFLUENCE DU POUVOIR POLITIQUE ET DE LA SOCIETE TRADITIONALISTE SUR L'INDIVIDU de Maya HAUPTMAN
Tahar Ben Jelloun voit dans « l'émergence de l'individu » une nécessité essentielle, car « c'est la base d'une réelle démocratie et du progrès d'une société moderne. »
Il affirme : « La modernité […] c’est reconnaître l’individu en tant qu’entité unique et singulière. C’est donner à la femme les mêmes droits qu’à l’homme. C’est promouvoir un processus laïc… » (C 2008). Or, la société traditionaliste et le pouvoir politique aliènent l'individu qui, sacrifié à la collectivité, immolé sur l'autel familial, voudrait crier avec André Gide : « Famille, je vous hais ! » Il cherche à savoir où se trouve sa liberté. Force lui est de reconnaître qu'elle n'existe que dans sa pensée.
L'exil, conséquence de la colonisation, met l'être face à sa solitude et à son humiliation et le dépersonnalise. Esclave moderne, tantôt assimilé à un arbre déraciné, tantôt aux figures filiformes de Giacometti, l'exilé perd toute consistance. Le régime postcolonial dictatorial pratique la torture, la surveillance, l'enlèvement et l'incarcération sans jugement. La maladie mentale des personnages rend compte du malaise social et en est l'allégorie. Corrompu, le corps social est malade. Le fou est le seul être capable de dire des vérités sans être inquiété. Philosophe, poète, prophète, bouffon et bouc émissaire, il demeure une figure indispensable. Chaque village a son Moha ou son Joha, son fou sage qui fait éclater la vérité. L'avènement du roi Mohamed VI met fin au rêve généralisé du départ et insuffle un nouvel espoir de démocratie et de progrès.
Maya Hauptman est née à Sfax, en Tunisie. Elle y enseigne après des études universitaires à Grenoble. Son doctorat, à l'université de Haïfa, l'expose au discours postcolonial. L'identité, la santé mentale en situation d'oppression, la condition de l'homme, le statut de la femme, l'Autre, la corruption, l'esclavage, l'immigration et l'exil dans l'espace littéraire et cinématographique francophone sont au centre de sa recherche.
ISBN : 978-2-36291-021-0
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01/12/2011
ALGERIE L'IMPASSE. Pourquoi l'Algérie se retrouve-t-elle dans une impasse à l'aube du cinquantenaire de son indépendance et comment peut-elle en sortir? de Zoubir BENHAMOUCHE
Le 5 juillet 2012 marquera le cinquantième anniversaire de l’Algérie indépendante, et le bilan de l’Algérie post coloniale est des plus désastreux.Tous les espoirs étaient pourtant permis, à l’orée d’une nouvelle ère qui marquerait le règne de la liberté et de la dignité. Pourtant, l’organisation sociale qui allait naître reposera au contraire sur la restriction des libertés, l’asservissement de tout un peuple. Octobre 1988 allait marquer le début du divorce total entre la société et le régime politique, et déboucher sur une décennie de terreur et de sang. Le peuple algérien est aujourd’hui partagé entre sa soif de liberté, son désir d’en finir avec une situation économique, sociale et politique qui l’étouffe, qui le réduit à la survie, et la peur d’une plongée dans l’inconnu. A l’heure où le printemps arabe conduit tous les peuples à marcher pour leur liberté, le peuple algérien demeure prisonnier de ses démons internes.
En face, le régime politique paraît incapable de se réformer, continuant sa fuite en avant sans en mesurer les conséquences pour l’avenir du pays. L’Algérie est aujourd’hui dans une impasse. Mais comment comprendre que ce pays, au potentiel colossal, auquel on prédisait un avenir radieux, en soit arrivé au bord du gouffre ? Pourquoi tous les appels au changement, lancés depuis le début du printemps arabe, sont-ils restés de simples voeux pieux ? Pourquoi les algériens ne parviennent-ils pas à trouver une solution à la crise multidimensionnelle que traverse leur pays depuis plus de 20 ans ? Enfin, quels sont les obstacles qui aujourd’hui se dressent devant un changement pacifique ?
C’est à ces questions que cet essai, par une approche originale, tente d’apporter des réponses. L’auteur pose un nouveau regard sur le mal développement de l’Algérie. Il explique la nature du lien étroit qui existe entre le régime politique, les institutions et la culture, les valeurs et normes sociales que partagent la majorité des algériens. Il ne se contente pas de faire endosser toute la responsabilité de la descente aux enfers de l’Algérie au régime politique, il met au contraire tous les algériens face à leur responsabilité.
Outre une analyse fine des ressorts de l’ordre social algérien, qu’il qualifie d’antidéveloppement, il propose un scénario de transition pacifique qui puisse éviter à l’Algérie une nouvelle ère de violence.
Zoubir Benhamouche, ingénieur et docteur en économie, a consacré ses travaux de recherche au rôle des institutions dans les problèmes de développement, et notamment le régime politique. Né dans l’Algérie post- indépendance, arrivé en France alors qu’il était encore enfant, il a gardé un lien très étroit avec son pays natal. Fin observateur de la société algérienne, et notamment de son organisation politique, il nous livre une analyse mêlant expérience, observation et maîtrise des recherches les plus récentes en économie politique du développement.
ISBN : 978-2-36291-020-3
PRIX DE VENTE T.T.C. : 17,80 € (hors pays du Maghreb)
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15/11/2011
VOL AU DESSUS D'UNE CHUTE RAPIDE. Méditations sur la perte du bonheur et les problèmes psychosomatiques de l'homme contemporain de Hamid AMIR
Pourquoi l’homme est-il aujourd’hui si fréquemment menacé par la dépression et par les difficultés psychosomatiques en général ? Pour répondre à cette question, l’auteur analyse, en trame de fond, sa propre "chute psychosomatique". A partir de cette réalité empirique douloureuse, il construit peu à peu une synthèse philosophique complète autour de ce thème. Ce cheminement commence par la question du sens de l’existence et donc du rôle du sentiment religieux et plus largement de la spiritualité. Il ne s’agit pas de savoir si Dieu existe ou non, question à jamais insoluble, mais de savoir ce que la spiritualité peut nous apporter ici et maintenant.
Le bonheur est défini comme la résultante de deux composantes : une rationnelle, la résolution des problèmes matériels, une autre spirituelle, la création d’harmonie intérieure et extérieure. Les deux composantes sont indispensables au bien-être durable de l’homme. Or dans le monde actuel, bâti sur une rationalisation de plus en plus poussée de la vie, la composante spirituelle est souvent atrophiée. C’est pourquoi notre civilisation, favorable aux conflits intérieurs et extérieurs, ne semble pas aller vers le bonheur.
Revaloriser l’activité spirituelle la plus spontanée, la plus primaire, est dès lors essentiel. C’est le cas de l’animisme, défini non comme religion, mais comme étant cette tendance qu’à l’être à personnaliser la nature et à dialoguer avec elle, tendance à l’origine du sentiment religieux et qu’on trouve aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte des civilisations les plus anciennes.
La boucle est bouclée lorsque la pensée philosophique découvre, chemin faisant, que le bonheur lui est, d’une certaine façon, diamétralement opposé.
Hamid AMIR est docteur en biologie, professeur des universités, actuellement directeur d’une équipe de recherche à l’Université de la Nouvelle-Calédonie. Il enseigne aussi l’histoire des sciences. En philosophie, il s’est formé en autodidacte de manière approfondie depuis sa jeunesse. Il a déjà publié dans ce domaine un autre ouvrage, ainsi que différents articles.
ISBN : 978-2-36291-019-7 PRIX PUBLIC T.T.C. = 22,00 euros
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