31/05/2007

Une appropriation du monde : Mission et missions XIXe-XX siècles

Une appropriation du monde : Mission et missions XIXe-XX siècles (collectif) sous la direction de Claude Prudhomme71b7c91585d9ac03fd6a9cfdc3db0224.jpg, 2004.

254 pages, 28 euros.

ISBN-10: 2866009444

Jusqu'au début du XIXe siècle, le champ sémantique du terme mission relève, pour l'essentiel, du domaine religieux. Puis, au fil des décennies, son usage s'élargit. Les milieux militaires, diplomatiques mais aussi commerciaux s'en emparent et se font, eux aussi, missionnaires. Loin d'être anodines, ces nouvelles utilisations de la mission témoignent d'une proximité des démarches et d'une communauté des cultures. Pris dans leur ensemble, elles esquissent un nouveau rapport à l'altérité, témoin d'un désir d'appropriation du monde. Mais, face à des réalités rebelles, ces nouvelles missions se complaisent souvent dans l'illusion et la mise en scène. A travers l'étude de corpus diversifiés (archives de congrégations religieuses, documents diplomatiques et commerciaux mais aussi collections de musées et archives militaires), dix historiens et une historienne de l'art montrent comment, s'emparant du prestige et de la légitimité attachés aux entreprises des missionnaires chrétiens, les milieux séculiers entendent, eux aussi, façonner un monde nouveau, ou, à tout le moins, en convaincre mécènes et employeurs.

Biographie de l'auteur
Claude Prudhomme est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Lumière-Lyon 2 et directeur du centre André Latreille d'histoire religieuse. Spécialiste de l'acculturation, il est l'auteur de nombreux travaux sur l'histoire missionnaire.

30/05/2007

Les présidiaux de Daguesseau

Les présidiaux de Daguesseau de Christophe Blanquie, 2004.

386 pages/ 60 euros.944b0c5d0eb95eae059cf6fdbacb04f2.jpg

ISBN-10: 2866008960

Juridiction intermédiaire instituée en 1552 par Henri II pour renforcer l'armature judiciaire du royaume et rapprocher la justice des justiciables, les présidiaux, étaient initialement au nombre de soixante ; à la fin du XVIIIe siècle, ils seront une centaine. Ils rassemblent une magistrature seconde qui, sans s'égaler à la noblesse de robe siégeant dans les parlements, joue un rôle similaire dans les villes dépourvues de cours souveraines. Ces juridictions sont les premières bénéficiaires de la politique de réunion des justices mise en œuvre, dans la première moitié de ce siècle, par le chancelier Daguesseau, dont ils révèlent les qualités d'administrateur, aussi soucieux de s'informer que de susciter l'adhésion des magistrats. Les choix du ministre à l'égard de la magistrature seconde revêtent une importance stratégique car ils sont susceptibles de modifier dans la longue durée la capacité d'action du pouvoir royal et la dynamique des institutions monarchiques. Le législateur que célèbrent les juristes, le piètre politique que décrivent volontiers les historiens se révèle alors un administrateur particulièrement attentif. Le constat d'une modification de l'équilibre de l'institution présidiale sous l'effet des réunions permet de modifier l'appréciation portée sur Daguesseau et, surtout, par son impact tant sur la vénalité des offices que sur l'organisation judiciaire contribue à une meilleure connaissance des présidiaux et de leur rôle au sein des institutions de la France moderne. Daguesseau écrit là une page décisive de l'histoire de la justice et les effets de son action se prolongeront jusqu'à la révolution.

Biographie de l'auteur
Haut fonctionnaire parlementaire et historien, Christophe Blanquie est spécialiste de l'histoire des institutions de la France moderne. Il a notamment publié Les présidiaux de Richelieu : Justice et finance sous l'Ancien Régime. La vénalité présidiale ; les Institutions de la France des Bourbons (1589-1789).