19/09/2007
LITTERATURE ET SOCIETE CHEZ ELIAS CANETTI
L'oeuvre d Elias Canetti est unique et univoque: elle illumine tout le champ littéraire en déterminant ses paramètres, sans pour autant y adhérer, car par ses choix et ses engagements, Canetti nous sollicite dès le départ à témoigner de l Histoire, à élargir notre conscience du monde et à nous poser la question fondamentale du rapport entre le texte et le monde, le littéraire et le social, le naturel et le culturel.
Université de Haïfa. Il a publié entres autres les ouvrages suivants : Mouloud Feraoun ou l'émergence d'une littérature, Editions Karthala, Paris, 2001. Albert Cohen ou la pléthore du discours narratif, Publisud, Paris, 2000. Pour une littérature de l'impossible : Rachid Mimouni, Editions Publisud, Paris, septembre 2003.14:40 Publié dans Collection Espaces méditerranéens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elias Canetti, littérature, culture
05/06/2007
Le soleil sous le tamis
Le soleil sous le tamis de Rabah Belamri.
309 pages, 22, 87 euros.
ISBN-10: 2866005716 
Rabah Belamri est né le 11 octobre 1946, à Bougaâ, cette très belle région de Kabylie située dans la willaya de Sétif. Il perd la vue en 1962. Mais ce tourment ne fait que renforcer la force et la volonté de ce génie. Etabli à Paris depuis 1972, il prépare une thèse de doctorat d'État sur l'oeuvre de Jean Sénac. Parmi ses œuvres on peut citer : L'oeuvre de Louis Bertrand, Miroir de l'idéologie colonialiste, thèse de 3e cycle, OPU (Alger), 1980, Les Graines de la douleur et La rose rouge, recueils de contes populaires, Publisud (Paris), 198l, Le soleil sous le tamis, récit, Publisud, 1982 et Sept poèmes, Bernard Gabriel Lafabrie (Paris), 1983. Il meurt en 1995 à la suite d'une intervention chirurgicale, laissant son œuvre inachevée.
"Pour Rabah Belamri, questionneur infatigable du monde, la poésie n'est sans doute qu'un moyen qui participe, avec d'autres, à une quête de clarté et de plénitude. Un besoin de lumière comme d'une eau longtemps refusée mais aussi une dénonciation de tout ce qui grève le quotidien et l'espérance : la femme aliénée ou marchandée, le bonheur séquestré."
- Tahar Djaout, Les Mots migrateurs, une anthologie poétique algérienne, Office des Publications Universitaires, Alger, 1984.
"Il a du souffle, de la force, une violence dans la chaleur comme dans la tendresse qui témoignent d'une autre terre, d'un autre soleil que les nôtres, bref d'une autre tradition."
- Georges-Emmanuel Clancier (quatrième de couverture de "Le Galet et l'hirondelle", 1985).
"Son œuvre parlait de la difficulté d'être, de l'exil, de la solitude. Mais elle nous parlait aussi de tendresse, elle nous emportait dans son élan vers les humiliés, vers tous ceux que la violence contemporaine broyait, abandonnait."
- JMG Le Clézio, dans Le Monde, Paris, 13 octobre 1995.
11:00 Publié dans Collection : Littératures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Le soleil sous le tamis, Rabah Belamri, littérature, algérie
31/05/2007
Abdallah Ben Kerriou : Poète de Laghouat et du Sahara
Abdallah Ben Kerriou : Poète de Laghouat et du Sahara de Boualem Bessaih, 2003.
150 pages, 27, 14 euros.
ISBN-10: 2866009568
A la fin du XIXe siècle, à Laghouat, oasis saharienne d'Algérie, le poète populaire Abdallah Ben Kerriou aime et chante une femme, fille d'un grand seigneur arabe. Pour avoir déclaré sa passion, il connaît l'exil. Il est cultivé, versé dans l'astronomie, il connaît et cite Platon, ainsi que Qays, le légendaire poète arabe. Ses poèmes, qui ne parlent que d'amour, sont emprunts d'une chasteté et d'une pureté remarquables, car rien ne prive le poète de la délectation à décriée cette femme avec une précision telle que la relation intime devient indubitable. C'est qu'il ressent la plénitude de son existence dans l'abandon total à cet amour, entre rencontres imaginaires salvatrices et séparations longues et épuisantes : ni pigeon voyageur, ni coursier rapide potier porter le message. Seul l'hommage. à la beauté se perpétue, se renouvelle et s'épanouit sans cesse, en ballet d'images neuves et de mots inventés, comme poursuivant une nouvelle conquête et il tombe à genoux devant la lumière : " L'ombre de ton visage éclaire mon regard. Seul le corps est ici, car le cœur t'appartient ". Tout comme Hugo devant Adèle : " C'est toi qui tiens ma main quand je marche dans l'ombre et les rayons du ciel me viennent de tes yeux ". Et pourtant, cette femme restera inconnue. Son nom est cependant sur les lèvres de ces innombrables femmes du sud algérien qui chantent encore ses poèmes, tant elles auraient voulu être celle-là même que le poète a sublimée et placée sur un véritable piédestal pour l'éternité de l'amour. L'ambition de Boualem BESSAIH poète, diplomate et historien, est de pouvoir sauver de l'oubli et de valoriser ce pan savoureux du patrimoine populaire algérien, comme il l'a fait avec " l'étendard interdit " pour un autre grand poète épique Mohamed BELKHEIR (Ed. Sindbad), sans oublier l'ouvrage remarquable qu'ira consacré à " l'Emir Abdelkader et à l'Imam Chamyl " (Ed. Dahlab), le scénario du film sur l'épopée de Bouamama et les multiples publications ayant trait à l'histoire et à la culture du Maghreb.
11:30 Publié dans Collection : Littératures arabes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Abdallah Ben Kerriou, Algérie, littérature
30/05/2007
Les structures de la solitude dans l'oeuvre de J.M.G. Le Clézio
Les structures de la solitude dans l'oeuvre de J.M.G. Le Clézio de
Ruth Amar, 2004.
Prix: 22, 55 euros.
213 pages.
ISBN-10: 2866009797
Le Clézio est un écrivain qui dénonce, qui combat : le contenu de ses récits, réveillant les civilisations disparues qu'il met en relief par rapport à l'homme moderne, démontre l'échec de la technologie et de la science sur le plan de l'humanisme, tout en exprimant un fervent désir de retour à la vérité de la nature. Différents critiques ont mis en lumière les principaux éléments fondateurs des récits le cléziens : le désert, le silence, la nature, sans toutefois les relier à la source qui les rassemble tous : la solitude. L'écriture de celle-ci reflétera toutes ses versions possibles. Car cette solitude ne donne-t-elle pas naissance à tous ces éléments qui ne sont en fait que ses propres composantes ?
Biographie de l'auteur
Ruth Amar est professeur de littérature française à l'université de Haïfa. Elle a publié plusieurs travaux sur les œuvres de Tahar Ben-Jelloun et de J.M.G. Le Clézio.
13:10 Publié dans Collection : Méditerranée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Clézio, Ruth Amar, littérature
16/05/2007
Littérature
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18:10 Publié dans Catalogue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, lettres, romans
22/11/2006
Jean El Gammal
Jean El Gammal, Les hauts quartiers de l'est parisien, Paris, Publisud, 1998, 178 p.
Ce petit livre très suggestif se propose d'analyser les rapports entre la personnalité politique de ces quartiers populaires de Paris (Belleville, Ménilmontant, Charonne) situés dans les 19e et 20e arrondissements de la capitale et les représentations qui en sont données. Il souhaite " rendre compte des correspondances entre les topoi relatifs à ces quartiers et les évolutions qui les ont caractérisés ". Il prolonge pour partie les études menées par Gérard Jacquemet sur le Belleville du XIXe siècle. La période étudiée par Jean El Gammal s'étend de 1880 à 1995. L'auteur, familier par ses recherches sur le poids du passé dans la vie politique française, de l'analyse des phénomènes de longue durée de l'histoire politique de la France, dégage des représentations ancrées dans l'histoire politique de ces quartiers de la Commune à nos jours. Il s'appuie principalement sur les archives électorales de Paris et sur des sources littéraires.
L'étude distingue quatre périodes. De la fin de la Commune à 1914, l'est parisien est avant tout le lieu du souvenir de la Commune. Tout en conservant une diversité politique, il affirme la tradition de Belleville comme sentinelle de l'idée républicaine, " montagne ouvrière ", avant-garde du parti républicain et socialiste. Jean El Gammal nous invite ainsi à " prendre une vue du relief historique de l'est parisien ", à méditer sur la signification constamment réaffirmée de cette " hauteur physique et politique ". En 1900, Fernand Bournon, auteur du Paris-guide, estime ainsi que la rue des Pyrénées, qui traverse le 20e arrondissement de Paris est " bien nommée ". La " montagne ouvrière " alimente un double mouvement : celui du peuple qui descend au travail vers le centre, et celui de tous ceux, institutionnels, militants, politiques qui vont rencontrer les populations de ces quartiers déshérités aux longues traditions politiques (fondations privées, universités populaires comme " La Semaille ", fondation universitaire de Belleville, coopératives de consommation comme La Bellevilloise).
L'" entre-deux-guerres " confirme, accentue ces traits tout en donnant leur place à de nouvelles images. Les observateurs sociaux (Valdour, Garric), les hommes de lettres (Dabit, Romains) reprennent les mêmes images mais on relève l'existence d'une culture politique de ces quartiers. Ceux-ci se caractérisent par leur diversité sociale mais aussi par l'importance depuis 1920 du vote communiste (aux élections de 1932, cependant, Déat bat Duclos). Belleville est alors le lieu de formation de nombreux militants politiques. Des hommes aussi différents que Edgar Morin, Raoul Girardet ou Mouloudji ont vécu sur ces hauteurs, en vantent l'esprit, attestent de cette personnalité radicale et indépendante qui s'exprime dans la " vue " que l'on prend de la capitale et de la société. Les gens de Belleville contemplent la capitale de loin, depuis le " rebord " d'un plateau (Jules Romains). Edgar Morin parle d'" une culture de la rue de Ménilmontant ". Pourtant on perçoit dans les textes littéraires au travers de l'expression du pittoresque et de la nostalgie un certain effacement de cette radicalité.
La troisième partie de l'ouvrage réunit dans une même approche " épreuves et traditions " des années 1940 aux années 1960. Ici, la pertinence des césures chronologiques peut sembler discutable. Le livre aborde rapidement la période de la guerre, les gens traqués, la Résistance, les combats de la Libération dans leur dimension locale. Des événements comme les rafles de l'année 1941 dans ces quartiers traités par d'autres auteurs auraient pu être abordés plus précisément. Le livre de Jean El Gammal met en évidence l'intérêt qu'il y aurait à multiplier les études de micro-histoire sur le vécu historique spécifique de ces quartiers populaires.
Les années 1950 font resurgir la personnalité, les " traits urbains " des époques antérieures. Les quartiers de l'est apparaissent comme des " conservatoires du Paris populaire ". Les textes de Henri Calet (Le tout sur le tout, Acteur et témoin, Les deux bouts) mettent en valeur la stabilité, la permanence des stéréotypes, des expressions employées pour caractériser l'est parisien que l'on évoque volontiers par le panorama, par les lieux-souvenirs de la Commune comme le Mur des fédérés. Les photographies de Willy Ronis et de René-Jacques contribuent à mettre en valeur ces " traits urbains ". Jean El Gammal nous signale aussi l'œuvre d'un photographe de Belleville moins connu, Henri Guérard qui a réalisé en cinquante ans 24 000 photographies de Belleville.
Les années 1960 sont des années de mutation au terme desquelles se met en place la rénovation de ces quartiers. La rénovation brutale introduit une rupture dans l'urbanisme. Pour la dernière fois en 1973, le parti communiste triomphe aux élections. Cette évolution s'inscrit à la fois dans une histoire locale de recomposition sociale et dans une histoire macro-politique. À partir de 1981, la gauche à Paris n'est plus représentée par les communistes mais par les socialistes. Des protestations dans lesquelles la nostalgie n'est pas absente s'élèvent contre la destruction de Belleville par la rénovation. En 1975, Christine Rochefort publie un " Requiem pour Belleville ". L'écrivain local Clément Lépidis dénonce la destruction du cadre de son enfance. Les récits, les souvenirs du passé local se multiplient. En 1975 Georges Perec publie W ou le souvenir d'enfance et convoque la mémoire douloureuse de la rue Vilin.
La dimension locale et associative devient de plus en plus un facteur politique dont l'importance s'affirme au moment des élections de 1995. Le 20e arrondissement est celui qui, à Paris compte la plus forte densité d'associations (600). L'évocation du passé de lutte bellevillois, du modèle du métissage, de la tolérance, du bien-vivre devient ainsi un argument politique. Les projets de rénovation du bas Belleville se heurtent à la volonté conservatrice de préserver la convivialité de ce " belvédère populaire ". La tradition historique de Belleville est invoquée comme facteur politique. Les élections législatives de 1997 confirment avec la poussée socialiste l'entrée dans un nouveau cycle politique de ces quartiers qui se confirment comme un enjeu dans l'espace symbolique et concret de la capitale.
En définitive, le livre de Jean El Gammal montre l'importance pour la capitale de ces quartiers aux traditions éprouvées qui sont des lieux de mémoire active du Paris populaire. Cette tradition s'entretient dans la résurgence constante des mêmes stéréotypes, des mêmes évocations. L'ouvrage invite, à une réinterprétation des stéréotypes et à leur confrontation à l'histoire politique et culturelle de la capitale.
13:00 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, Paris, histoire, XIXe siècle

