01/07/2008
Mobilités étudiantes Sud-Nord
Mobilités étudiantes Sud-Nord. Trajectoires scolaires de Marocains en France et insertion professionnelle au Maroc
ÉtienneGérard (dir.)
PUBLISUD
Ronan Balac
BénédicteKail
Éric Lanoue
Laurence Proteau

Au nom d’un « co-développement » qui devrait bénéficier à ses pays partenaires,
la France sélectionne de manière accrue des étudiants étrangers et entend de la
sorte maîtriser les flux migratoires. La politique d’« immigration choisie » initiée
par le gouvernement de D. De Villepin circonscrit et oriente ainsi les migrations,
en particulier les mobilités pour études provenant des pays du Sud.
La population étudiante marocaine sert ici de référence pour explorer les dimensions
de cette mobilité. L’ouvrage n’examine pas seulement les flux d’étudiants
marocains dans les dernières décennies. Sur la base d’importantes enquêtes,
qualitatives et quantitatives, en France et au Maroc, il détaille les conditions de
départ et de séjour en France et procède à l’analyse de la morphologie sociale de la
population étudiante et de ses trajectoires socio-scolaires. Les dimensions sociales de
l’expatriation apparaissent ainsi dans leurs diversité et complexité. Plus fondamentalement,
l’étude des transformations qui affectent le champ de l’enseignement
supérieur et le marché du travail au Maroc révèle l’origine première de cette mobilité
: une modification inédite des articulations entre travail et savoir dans une
société d’Afrique du Nord comme le Maroc. L’expatriation doit être comprise
comme le produit de ces transformations ; elle correspond, aussi, à la nécessité
éprouvée par les étudiants de s’adapter à cette nouvelle donne.
Cet ouvrage aborde également un volet rarement exploré dans les études de
sciences sociales consacrées à la migration : les trajectoires d’insertion professionnelle
des diplômés rentrés dans leur pays et la valorisation, sur le marché marocain
du travail, des capitaux acquis à l’étranger. Il met ainsi au jour une « double
mobilité » des étudiants marocains : géographique et sociale à la fois. L’ouvrage
réinterroge de la sorte deux paramètres souvent couverts par de fausses évidences :
le sens de la migration – qui est plutôt un passage par l’étranger qu’une migration
durable –, et celui de la mobilité des étudiants – qui s’apparente bien davantage à
un mouvement à l’origine de transformations sociales à venir dans le pays d’origine,
qu’à une « fuite » des cerveaux. In fine, l’ouvrage invite à reconsidérer la
politique d’« immigration choisie » et le sens de la circulation des élites intellectuelles
du Sud vers le Nord.
Étienne Gérard est sociologue de l’éducation, chargé de recherches à l’Institut de Recherche pour le Développement. Après des travaux en Afrique Noire, il a réalisé pendant plusieurs années des recherches sur la question éducative et sur les savoirs auMaroc. Il a notamment dirigé l’ouvrage Savoirs, insertion et globalisation. Vu du Maghreb, paru en 2006 chez Publisud
23:36 Publié dans Nouveautés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sociologie, étudiant, maroc
12/04/2008
Le Maroc scientifique
LE MAROC SCIENTIFIQUE
Mina KLEICHE DRAY
Roland WAAST
ISBN : 978-2-86600-850-2
ISSN : 0993-690
En 2002 et 2003 le gouvernement marocain a fait procéder à une évaluation externe de son système de recherche. Ce livre présente la méthode suivie et ses principaux résultats. Il détaille les outils préparatoires utilisés (histoire du système, questionnaire aux laboratoires, bibliométrie fine) avec leurs résultats. Ils ont permis de préciser les conditions de la production, d’identifier les sites majeurs, les points forts et les chercheurs actifs du pays. L’ouvrage fait aussi large part au diagnostic, discipline par discipline, de la vingtaine de scientifiques réputés qui ont visité in situ les meilleurs laboratoires.
On retiendra que le Maroc a effectué en 20 ans une montée en puissance spectaculaire, qui le met au 3° rang scientifique en Afrique. Pourtant, le moteur de cet essor s’épuise. Les experts estiment que le « système » est à la croisée des chemins. Ils explicitent les bonnes raisons de faire sur place de la recherche, les stratégies fructueuses de choix de sujet, le bon usage des coopérations. Suivent diverses suggestions, concernant la structuration de la recherche et les choix de « niches » opportunes.
Le diagnostic fait toujours référence au Maroc. Mais la portée de l’ouvrage est plus large. La méthode est transposable en beaucoup d’autres pays, et plus efficace que la plupart des expertises conduites jusqu’ici. Ses instruments d’analyse originaux, et la perspicacité du diagnostic scientifique en ont fait un modèle.
Mina KLEICHE DRAY :
Biochimiste, Historienne des sciences, Mina Kleiche a résidé au Maroc de 1995 à 2004. Elle y a conduit plusieurs enquêtes sur l’histoire de l’agronomie et des agronomes. Elle a également étudié, dans l’actualité, la population des diplômés chômeurs, et l’activité des sciences sociales francophones. C’est elle qui a dirigé sur le terrain le Projet européen d’Evaluation du système de recherche marocain, et rédigé sa partie historique. Chargée de recherches à l’IRD, elle poursuit actuellement sa carrière au Mexique.
Roland WAAST :
Ingénieur de l’Ecole Polytechnique (France) et sociologue, Roland Waast a créé àl’IRD l’équipe de recherche « Sciences, techniques et développement ». Il a aussi fondé, sur le même thème, le réseau international ALFONSO, et la revue Science, Technology and Society, qu’il co-dirige. Il a conçu et dirigé l’Evaluation européenne du système Marocain de recherche (2002_2003)
14:59 Publié dans Collection : L'observatoire des societes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc, sociologie, recherche, science
06/06/2007
La société civile au Maroc : L'émergence de nouveaux acteurs de développement
La société civile au Maroc : L'émergence de nouveaux acteurs de développement de Maria-Angels Roque , Myriam Catusse, Mohamed Mouaqit et Omar Ouakrim, 2004.
Prix: 43,16 euros/ 325 pagesISBN-10: 2866009657
ISBN-13: 978-2866009656
Existe-t-il une société civile au Maroc ? Une transition politique est-elle vraiment en train de se produire au royaume alaouite ? Certains analystes indiquent justement que si quelque chose bouge aujourd'hui au Maroc, il s'agit bien de la société civile.
L'objectif principal de cet ouvrage, dans la ligne suivie par l'Institut européen de la Méditerranée (IEMed), est de contribuer à ce débat en apportant de nouvelles connaissances sur les processus de changement, en particulier sur l'émergence de nouveaux acteurs dans la réalité sociale marocaine. Cette étude a pu être réalisée grâce à la collaboration de spécialistes marocains prestigieux issus du milieu universitaire comme Myriam Catusse, Mohamed Mouaquit, Omar Ouakrim, Mohamed S. Janjar o Mohamed Tozy et enrichie par les témoignages d'importants dirigeants du monde associatif marocain. Droits humains, promotion du statut de la femme, culture berbère, monde des affaires et développement local, mais aussi associations de bienfaisance, tels sont les axes principaux du travail présenté dans cet ouvrage. Cette étude s'est appuyée sur une approche directe à l'aide de recherches sur le terrain au sud du Maroc : Agadir, Taroudant, Tiznit, Trafraout. C'est par l'observation de la région du Souss, comme nous le démontre l'anthropologue Maria-Àngels Roque, que nous pouvons pénétrer dans une réalité complexe oscillant entre tradition et modernité, une réalité où l'identité et les réseaux associatifs servent de base à la coopération et à l'union des divers acteurs nationaux et internationaux. L'utilité de cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'un intérêt croissant vis-à-vis de nos voisins du sud, d'un désir de mieux les connaître, à un moment où, d'ailleurs, les échanges économiques et sociaux s'intensifient, les accords européens se multiplient et les flux migratoires augmentent. Il faut souligner l'importance de la coopération décentralisée, et en particulier son impact croissant sur le développement local, grâce à l'intervention de multiples acteurs - gouvernements régionaux et autonomes, municipalités, associations, universités, entrepreneurs, plateformes citoyennes - qui renforce son dynamisme et sa capacité de faire partager des projets aux deux rives de la Méditerranée.

Biographie de l'auteur
Maria-Angels Roque, est née à Barcelone. Historienne et anthropologue diplômée de l'Université de Barcelone, diplômée en Communication de Masses à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris, est actuellement directrice du Département d'Etudes des Cultures Méditerranéennes de l'Institut Europeu de la Mediterrània (IEMed). Elle a été également professeur invitée dans diverses universités et centres de recherches internationales.
15:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Maroc, développement, politique

